UKRAINE ! OBJECTIFS ATTEINTS !
Les lignes finissent toujours par bouger et il semble évident, sauf pour certaines chaines d’information en continu qui, nous annonçant la quasi victoire de l’Ukraine pour la fin de la semaine prochaine, reportée de semaines en semaines, que la messe est dite et qu’enfin cette stupide guerre va probablement s’arrêter. Il faudra pour tous ceux qui l’ont soutenue ne pas perdre la face et bien sûr ils déclareront que « oui, on a évité l’invasion totale de l’Ukraine », voire de la Pologne, probablement de l’Allemagne, de la France et peut-être, au point où l’on en est de la planète mars.

Y croient-ils ou font-ils semblant ? Croire qu’un pays de 140 M d’habitants peut envahir 350 à 400 M d’habitant relève sinon de la bêtise, du moins d’un déni total de la réalité du terrain et surtout de ce que représente une occupation militaire. La question est importante car s’ils y croient alors il faudrait effectivement être très prudent quant à leurs responsabilités aux commandes d’armes de destruction massive. Ne serait-il pas temps de doter les instances dirigeantes de l’UE de psychanalystes sérieux ?
On attaque un pays principalement pour deux raisons. Soit parce que l’on manque de place, ce fut le cas de l’Allemagne nazie avec sa « Drang nach Osten » (Ruée vers l’Est) qui voulait effectivement agrandir un territoire qu’elle jugeait trop petit, soit pour lui voler des matières premières dont on manque, c’est le cas des guerres impérialistes- pratiquement toutes les guerres contre des pays possesseurs d’énergies gazières et/ou pétrolières (pays du Moyen-Orient). Or la Russie n’a nul besoin de terres, elle en possède beaucoup trop ce qui deviendra son problème majeur avec la Chine surpeuplée mais étroite et pauvre en matières premières.
De même, la Russie n’a nul besoin de matière première et aucune ne lui manque suffisamment pour justifier le coût et le risque d’une guerre. Enfin, avec environ 140M d’habitants, même au prix d’une mobilisation générale, la Russie ne peut affronter une guerre de type classique comme celle de l’Ukraine, contre les 350 à 400 M d’habitants de l’Europe qu’il fudrait occuper.
On peut aisément résumer le Trumpisme au pragmatisme. Trump n’est pas un politique, c’est un businessman, tu me donnes ça, je te donne ça et le meilleurs deal c’est celui où tout le monde ressort avec son bénéfice, bref quand la loi du marché a validé le prix en fonction de l’offre et la demande.
De son côté, quelque soient les reproches que l’on puisse faire à Poutine, accordons lui d’être aussi un pragmatique et avoir en commun avec Trump de n’être point imprévisible. Trump fait ce qu’il a dit qu’il fera, il en va de même pour Poutine :
Dès 2008, à la suite de la déclaration de Bush junior d’étendre l’OTAN autours de la fédération de Russie, le chef du Kremlin avertit « si cela continuait, les risques de guerre sont certains ». En 2014, lorsque l’on commença à envisager l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, il confirmait « nous ferons tout pour éviter la guerre mais, si l’on nous contraint à la faire, nous la ferons » ! On ne peut être plus clair. Ce n’est pas la Russie qui avance ses frontières vers l’OTAN mais bien l’OTAN qui avance ses bases autours de la Russie, L’argument que ces bases étaient destinées à protéger le Moyen-Orient des visées de l’Iran ne peuvent qu’abuser les naïfs, les incompétents ou les bonimenteurs.
La Russie vit sur deux importants traumatismes. L’attaque nazie du 22 juin 1941 a été un choc transgénarationnel. À l’humiliation de cette fantastique percée militaire jusqu’à moins de 10 km du Kremlin, s’ajoute les millions de soldats massacrés dans une résistance acharnée, les populations civiles violentées, exterminées, le pays ravagé. Dans chaque famille russe il y a plusieurs parents morts. Rappelons que la seule Russie durant ce conflit perdit plus de 10 M de militaires et autant de civils. Les USA, sur les deux fronts, européen et pacifique ce n’est que 460 000 morts pour…..1 500 civils. La France c’est 360.000 morts militaires et de nombreux civils dont 76 000 sous les bombardements alliés !
Le deuxième traumatisme vécu par la Russie en 1999 c’est l’attaque de leur « cousine » la Serbie, qui n’attaquait aucun pays et surtout aucun pays de l‘OTAN par cet organisation militaire soi-disant uniquement défensive, sans aucun mandat de l’ONU, sans même avoir pris la peine de prévenir la diplomatie russe ! C’est aussi la première modification de frontière en Europe par la force depuis 1945 ! Comment l’Otan et l’UE peuvent-elles condamner la Russie de modifier une frontière alors que ce sont elles qui l’ont fait en premier ? peut-on rester sérieux en proclamant haut et fort que la force ne doit pas créer le Droit, alors qu’au Kosovo, ce sont ces organisations qui ont appliqué cette doctrine ?
Il reste toutefois une troisième raison pour enclencher un conflit. Le principe de précaution. Ce principe est reconnu par les occidentaux puisque c’est en son nom que les USA ont attaqué l’Iraq et qu’il est envisagé un conflit avec l’Iran. Il nous faut alors prendre en compte cet aspect pour essayer de comprendre la stratégie russe. Est-il rassurant d’avoir des bases militaires hostiles à ses frontières ? Est-ce que la France accepterait qu’en Belgique, Espagne et Italie (qui seraient alliées hypothétiquement à la Russie) de voir la Fédération de Russie installer des bases hostiles. En son temps le président Kennedy, héro du monde occidental a pris le risque d’un conflit nucléaire pour empêcher l’Union Soviétique d’en installer à Cuba. En quoi etait-il dont légitime ?
John Mearsheimer, professeur émérite en sciences politiques de l’université de Chicago, un des plus grands spécialistes des relations Est Ouest dès 2008 attirait lui aussi l’attention en affirmant que toute extension de l’Otan vers l’Est menacerait la paix en Europe. Il récidivait en 2014 puis depuis mars 2022 affirmait que toute aide militaire à l’Ukraine et tout soutien au conflit ne ferait qu’accentuer la destruction de l’Ukraine, que la neutralité de l’Ukraine et le respect des populations pro-russes de l’Ukraine étaient existentielles pour la Russie, en deux mots que la Russie ne pouvait se permettre de perdre militairement ce conflit quel qu’en soit le prix à payer.
La responsabilité de la Grande Bretagne est effrayante. Alors que Zelensky était sur le point de trouver un accord en Turquie avec la Russie, Boris Johnson imposa à l’ex président de refuser tout net lui promettant une victoire certaine. Sans expérience, l’ancien comédien se prit pour un chef de guerre et il est évident que le costume était trop kaki pour lui. La jeunesse ukrainienne en paiera un prix exorbitant ! Qu’il en soit remercié par les veuves et les orphelins.
George Friedman, patron d’une Officine de renseignement américain travaillant pour le gouvernement US était d’une clarté aveuglante, tellement aveuglante que nos dirigeants ne l’ont pas entendue. Le 4 février 2015, devant le Chicago Council on Global Affairs, il n’hésitait pas à déclarer que les USA devaient absolument empêcher toute alliance économique entre la Russie et l’Union Européenne. En effet, précisait-il, cette alliance de la matière grise et du savoir-faire européen avec la profusion bon marché des richesses de la Fédération de Russie devienant la plus puissante organisation économique du monde, menacerait gravement la prééminence de l’économie américaine et la mettrait en péril. Il préconisait de « pousser la Russie à la guerre » afin « de lui faire mal » et ainsi de la neutraliser. Si sur le plan strictement militaire et économique la manœuvre a échoué devant la résilience russe, on peut dire que la rupture entre Russie est Europe est une réussite de la manœuvre. Les dirigeants européens sont donc tombés dans le panneau car – et il ne peuvent l’ignorer, les sanctions contre la Russie n’ont aucunement empêché les américains de continuer à acheter de l’uranium à la Russie ! Pendant les sanctions – respectées par l’Union Européenne, le business US continuait en douce. L’UE est le dindon de la farce, soit par incompétence, soit par inconscience soit en toute connaissance de cause……
Ces objectifs étant atteints, l’Amérique n’a plus besoin de cette guerre. Elle se rend compte d’autre part que la situation a poussé la Russie dans les bras de la Chine qui n’en demandait pas tant. Trump, réaliste, change à présent d’objectif. Il lui faut à présent éloigner la Russie de la Chine et pour ce faire, lui donner des gages.
Les tractations ont commencé bien avant que les européens s’en rendent compte. Le lâchage suspect de Bachar-el-Assad par la Russie interpelle. En effet comment ces colonnes en bon ordre ont-elles pu passer tranquillement sur une large autoroute à moins de 30 km des bases militaires russes sans être le moins du monde inquiétées ?? personne ne s’est posé la question alors qu’une petite escouade d’hélicoptères et d’avions pouvait les anéantir sans beaucoup de pertes et liquider pour un bon moment la puissance militaire djihadiste ? Peut-on en conséquence ne pas émettre l’hypothèse que Bachar a été échangé contre le Donbass et la paix en Ukraine ? Si cette hypothèse est plausible alors la question de l’Iran sera réglée à court ou moyen terme.
Il apparaît donc que les problèmes géopolitiques soient en train de se régler dans la « cour des grands » et que l’UE et particulièrement certains dirigeants dont certains ne sont pas élus démocratiquement sont exclus de la manœuvre. La Fontaine devrait être mis au programme avec « la grenouille qui voulait être plus grosse que le bœuf » ou du moins on pourrait faire entendre ce conseil de feu Pierre Mendes-France « quand on n’a pas les moyens de sa politique, on a la politique de ses moyens ». L’Europe est à genoux, les USA ont atteint leurs objectifs, plus besoin de lui faire financer sa protection par le contribuable US, la soumission qui était déjà prégnante va à présent être totale et ce ne sont pas les rodomontades de ceux qui se rêvaient premier président des États-Unis d’Europe qui changeront la donne. La paix se fera sans eux et croire qu’ils pourront faire cavalier seul n’est que le dernier sursaut d’un mauvais joueur qui a perdu et qui, pour ne pas perdre la face va entrainer la morts de quelques milliers d’Ukrainiens….pour rien.
P Mulsant est ancien officier du renseignement intérieur
George Friedman
https://www.les-crises.fr/stratfor-les-etats-unis-veulent-empecher-lalliance-germano-russe
Mearsheimer
je suis tout a fait d’accord avec cet article et pendant qu’on montre du doigt les lgbt , le réchauffement climatique ou autre hochets tels la voiture électrique ou la suppression d’une bande sur le périphérique parisien , qu’on cache les scandales d’états (et ça ne manque pas) l’Europe brule et le peuple est content des fausses oppositions contrôlées ou complices , s’en fout et dort ! Tout parti qui se réclame d’opposition mais qui est pro UE pro OTAN et pro OMS ,est qu’un parti hypocrite qui travaille dans le sens des mondialistes davochiens ……Le peuple ne comprendra que quand on l’enverra a la guerre après avoir pillé ses comptes bancaires! D’ici là tant qu’il y a mojito en terrasse , c’est la fête!! Lamentable époque
Parfaitement résumé, il ne reste plus qu’à prier maintenant.